





CAC 40 : La Bourse vacille face au « choc Trump », Renault prend son envol militaire

L’ambiance est à l’orage sur la place parisienne. Alors que les investisseurs espéraient une accalmie diplomatique, les nouvelles provocations venues de Washington ont brutalement douché l’optimisme des marchés. Le CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, a cédé un terrain psychologique majeur en passant sous la barre des 8 100 points. Pourtant, dans ce climat morose dominé par la peur des guerres commerciales, un fleuron industriel français tire son épingle du jeu : Renault, fort de résultats commerciaux solides et d’une entrée spectaculaire dans le secteur de la défense.
La guerre commerciale se rallume : le luxe et les spiritueux en première ligne
La séance boursière a été marquée par un net retour de l'aversion au risque, précipitant le CAC 40 à son niveau le plus bas depuis près de six semaines. Le déclencheur de cette correction brutale est, une fois de plus, géopolitique. Donald Trump a mis ses menaces à exécution en brandissant le spectre de surtaxes punitives sur les produits européens, ciblant cette fois-ci le cœur de l'excellence française : les vins et les champagnes.
L'annonce d'une possible taxation à hauteur de 200 % sur ces produits a agi comme une onde de choc. Pour les marchés financiers, ce n'est pas seulement une attaque contre une filière agricole, mais une menace directe contre le secteur du luxe et des spiritueux, qui représente une pondération massive dans l'indice parisien. Les investisseurs craignent un effet domino : si le champagne est touché aujourd'hui, la maroquinerie ou la mode pourraient l'être demain. Cette incertitude paralyse les initiatives d'achat et force les gérants de portefeuilles à alléger leurs positions sur les grandes valeurs cycliques et exportatrices, entraînant mécaniquement l'indice sous le support technique des 8 100 points.
La fuite vers la sécurité : l'or brille quand Paris tremble
Face à cette volatilité exacerbée par la rhétorique agressive de la Maison-Blanche, la psychologie des marchés a basculé en mode défensif. Le mécanisme est classique mais violent : les capitaux fuient les actifs risqués (les actions) pour se réfugier vers des valeurs jugées insubmersibles en temps de crise.
C'est ainsi que les métaux précieux, et l'or en particulier, connaissent un regain d'intérêt spectaculaire. Alors que le rouge domine les écrans de cotation du CAC 40, le cours de l'once grimpe, jouant pleinement son rôle de valeur refuge. Ce mouvement de vases communicants illustre la nervosité extrême des opérateurs. La crainte n'est plus seulement celle d'une baisse temporaire des bénéfices des entreprises, mais celle d'une fragmentation durable du commerce mondial. Dans ce contexte, la liquidité se tarit sur les actions européennes, accentuant la baisse, tandis que les matières premières précieuses servent de rempart contre l'inflation importée et l'instabilité politique.
Renault : l'exception industrielle qui accélère
Pourtant, au milieu de ce marasme boursier, une valeur se distingue par sa robustesse : Renault. Le constructeur automobile au losange affiche une santé insolente qui tranche avec la déprime ambiante. D'une part, les fondamentaux sont là : le groupe a confirmé une excellente dynamique commerciale en enregistrant, pour l'année 2025, sa troisième année consécutive de progression des ventes. Cette régularité rassure les investisseurs sur la capacité du groupe à naviguer dans un marché automobile pourtant complexe.
D'autre part, et c'est l'information qui catalyse la hausse du titre, Renault opère un virage stratégique majeur. Sollicité par le ministère des Armées, le constructeur s'associe à l'entreprise Turgis Gaillard pour développer une filière française de drones militaires. Cette diversification n'est pas anecdotique ; elle place Renault au cœur de la souveraineté nationale et de l'économie de guerre. En mettant son savoir-faire industriel au service de la défense, Renault s'ouvre de nouvelles perspectives de croissance à long terme, décorrélées des cycles de consommation automobile classique. Le marché salue cette audace et cette résilience, propulsant le titre à la hausse alors même que le reste de la cote s'effondre.
Cette séance boursière restera comme le symbole d'une économie à deux vitesses. D'un côté, un marché global fragilisé par les tensions transatlantiques et la dépendance aux exportations de luxe, illustré par la chute du CAC 40. De l'autre, la résilience d'une industrie capable de se réinventer et de répondre aux impératifs de souveraineté, comme le démontre Renault. Si les menaces de Donald Trump assombrissent l'horizon immédiat, la capacité d'adaptation des fleurons français reste, pour les investisseurs avisés, une lueur d'espoir.
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