



MILLIARDS EN FUMÉE : Les 5 fiascos financiers les plus spectaculaires de la décennie

On imagine souvent la finance comme une science exacte, pilotée par des algorithmes infaillibles et des génies en costume gris. C’est une erreur. La finance est avant tout une affaire de psychologie humaine, d’ego démesuré et, parfois, de simples maladresses techniques. Ces dix dernières années nous ont offert des leçons d'humilité chiffrées en milliards. Voici le récit des cinq erreurs les plus coûteuses, absurdes et rapides de l'histoire moderne.
La folie des grandeurs
Quand l'ego des dirigeants déconnecte de la réalité, la chute est inévitable. L'exemple le plus frappant reste WeWork. Adam Neumann, son fondateur charismatique qui marchait pieds nus au bureau, a réussi le tour de force de faire passer une simple entreprise de location de bureaux pour une start-up technologique révolutionnaire. La valorisation a atteint le sommet vertigineux de 47 milliards de dollars avant de s'effondrer frôlant la faillite. Neumann avait brûlé le cash des investisseurs dans des jets privés et des fêtes, perdant deux dollars pour chaque dollar gagné. Il est tout de même reparti avec un chèque de départ d'environ 1,7 milliard de dollars.
Dans un autre registre, Mark Zuckerberg a orchestré ce qui est sans doute la plus grosse dépense volontaire à perte par une entreprise saine. Avec sa division Reality Labs dédiée au Metaverse, Meta a accumulé plus de 46 milliards de dollars de pertes depuis 2019. L'erreur a été de miser la totalité de l'image de l'entreprise sur une technologie immature. Le symbole cruel de cet échec reste l'avatar de Zuckerberg devant la Tour Eiffel sorti en 2022 : un graphisme digne d'un jeu vidéo des années 90 qui a provoqué l'hilarité mondiale, donnant l'impression qu'il avait dépensé le PIB d'un petit pays pour créer un jeu laid auquel personne ne joue.
La vitesse et le bug
Si certaines chutes prennent des années, d'autres sont instantanées. L'affaire Archegos détient le record de la perte personnelle la plus rapide de l'histoire. En mars 2021, le trader Bill Hwang a vu sa fortune de 20 milliards de dollars s'évaporer en seulement 48 heures. Utilisant un effet de levier délirant en empruntant massivement pour investir, il s'est retrouvé piégé quand le marché a légèrement baissé. Les banques, paniquées, ont tout vendu simultanément. Imaginez partir en week-end milliardaire et revenir le lundi matin ruiné ; c'est exactement ce qui s'est passé.
Parfois, l'erreur est purement technique. C'est le cas du célèbre "Fat Finger" de Citibank en 2020. Un employé devait virer 7,8 millions de dollars d'intérêts pour le compte de la marque Revlon. À cause d'une interface logicielle confuse digne de Windows 95, il a coché la mauvaise case et a remboursé la totalité du prêt, soit 900 millions de dollars. Le pire ? Certains créanciers ont refusé de rendre l'argent, obligeant la banque à une bataille judiciaire humiliante pour récupérer ses fonds.
L'éclatement de la bulle
Enfin, impossible d'ignorer la spéculation absurde autour des NFT. L'achat du premier tweet de Jack Dorsey par l'entrepreneur Sina Estavi illustre parfaitement cette hystérie. Acheté pour la somme astronomique de 2,9 millions de dollars en 2021, l'acquéreur pensait le revendre pour près de 50 millions un an plus tard. La réalité fut brutale : les enchères ont plafonné à quelques centaines de dollars. Avec une perte de valeur de 99,99 %, c'est techniquement l'un des pires investissements de l'histoire de l'humanité.
Qu'il s'agisse d'un pari technologique raté, d'un trader trop gourmand ou d'une case mal cochée, ces erreurs ont un point commun : l'oubli des fondamentaux. En finance, quand une promesse semble trop belle pour être vraie ou qu'une interface est trop complexe pour être comprise, la catastrophe n'est jamais loin. La prochaine fois que vous culpabilisez pour une erreur de virement de 10 euros, ayez une pensée émue pour le stagiaire de Citibank.
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