


50 Milliards ! L'année où l'assurance-vie a tout écrasé

L’année 2025 marquera sans doute un tournant dans l’histoire de l’épargne française. Après plusieurs exercices en demi-teinte, l’assurance-vie retrouve ses lettres de noblesse et affiche une santé éclatante. Les chiffres dévoilés ce mardi par France Assureurs confirment un retour en grâce spectaculaire auprès des épargnants, porté par une conjoncture favorable et un appétit nouveau pour les marchés financiers.
Une collecte nette qui s'envole grâce à l'effet "vases communicants"
Le premier enseignement de ce bilan 2025 est quantitatif : l'assurance-vie a drainé des volumes impressionnants. La collecte nette (la différence entre les cotisations versées et les prestations versées) s’élève à 50,6 milliards d'euros. Ce chiffre est d'autant plus frappant lorsqu'on le compare à l'exercice précédent : c'est un bond de 22,1 milliards d'euros par rapport à 2024.
Le moteur principal de cette accélération est clairement identifié : la baisse du taux du Livret A. Ce produit d'épargne réglementée, qui avait siphonné une grande partie de l'épargne liquide les années précédentes, a perdu de sa superbe en 2025. La mécanique est classique : dès que la rémunération du Livret A fléchit, les épargnants cherchent des alternatives plus rémunératrices. C'est précisément ce qui a permis aux fonds en euros le compartiment sécurisé de l'assurance-vie de sortir du rouge. Après avoir souffert de la concurrence des livrets réglementés, les fonds en euros renouent enfin avec une collecte positive, signe que les Français recherchent de nouveau la sécurité sur le long terme, maintenant que le différentiel de taux s'est resserré.
Les Français prennent goût au risque (Record sur les UC)
Si le retour en grâce des fonds en euros était prévisible dans ce contexte de taux, la véritable surprise vient de la composition de cette épargne. L'année 2025 restera gravée comme celle où les Français ont massivement accepté de diversifier leurs avoirs.
Les supports en unités de compte (UC) enregistrent en effet un record absolu de collecte. Contrairement aux fonds en euros, les UC n'offrent pas de garantie en capital mais permettent d'investir sur les marchés financiers (actions, obligations, immobilier) pour viser un rendement potentiel supérieur. Ce record historique témoigne d'une maturité financière grandissante des épargnants ou d'une recherche de rendement à tout prix face à l'érosion monétaire. Ce "goût du risque" mentionné dans les observations du marché prouve que l'assurance-vie joue pleinement son rôle d'outil de financement de l'économie réelle, drainant des capitaux vers les entreprises via ces supports dynamiques.
Un millésime historique, mais pas inégalé
Il faut toutefois garder la tête froide face à cette euphorie comptable. Si franchir la barre symbolique des 50 milliards d'euros de collecte nette est un événement cela n'était pas arrivé depuis quinze ans nous ne sommes pas encore au sommet historique de l'assurance-vie.
Comme le tempère Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, ce niveau est certes « très élevé », mais il ne constitue pas un « record absolu » toutes années confondues. Pour retrouver des niveaux supérieurs, il faut remonter à l'âge d'or du début des années 2000. L'année 2006, par exemple, reste la référence absolue avec une collecte nette qui avait frôlé les 65 milliards d'euros. De même, les millésimes 2005, 2007 et 2010 avaient enregistré des performances supérieures à celle de 2025. Il s'agit donc d'une excellente année de rattrapage et de consolidation, plutôt que d'un plafond de verre qui vient d'être brisé.
En somme, 2025 aura été l'année de la réconciliation entre les Français et leur placement favori. Entre la sécurité retrouvée des fonds en euros, dopée par la baisse du Livret A, et l'audace inédite sur les unités de compte, l'assurance-vie prouve sa résilience et sa capacité d'adaptation. Reste à voir si cet appétit pour le risque se confirmera en 2026.
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