



Wall Street lâche Paris ?

L'attrait de Paris pour les grandes banques américaines est-il en déclin ? Après avoir fortement renforcé leur présence dans la capitale française à la suite du Brexit, des institutions comme JPMorgan et Morgan Stanley ralentissent leur expansion. L’incertitude politique et fiscale semble peser sur leur engagement à long terme.
Un coup de frein sur les recrutements
Les banques américaines marquent un temps d’arrêt à Paris. Morgan Stanley a gelé un plan d’embauche de 100 personnes, tandis que JPMorgan a licencié neuf employés, dont des traders. D’autres établissements internationaux ont mis en pause des projets qui auraient pu aboutir à des centaines de recrutements.
L’instabilité politique refroidit les ambitions
La dissolution de l’Assemblée nationale et les incertitudes politiques qui en découlent inquiètent les investisseurs. S’ajoute à cela une fiscalité en hausse, notamment sur les transactions financières, qui contraste avec le discours pro-business du gouvernement visant à renforcer l’attractivité de la place financière parisienne.
Barclays reporte son implantation européenne
Symbole du climat d’incertitude, Barclays a repoussé son projet d’installer son siège européen à Paris. Initialement prévu pour 2025, ce déménagement est désormais reporté à 2027 « au plus tôt », signalant un recul de l’enthousiasme des banques étrangères pour la capitale française.
Une ascension fulgurante depuis le Brexit
Malgré ces signaux négatifs, le bilan reste globalement positif pour Paris. En six ans, Bank of America a multiplié ses effectifs par près de dix, JPMorgan par quatre et Morgan Stanley par trois. Goldman Sachs et Citigroup ont également fortement augmenté leur présence en France depuis 2019.
Des atouts indéniables pour Paris
La capitale française conserve plusieurs avantages sur ses concurrents européens : un large vivier de talents, des écoles de renom, une scène culturelle dynamique et une proximité avec Londres. Bloomberg note que si un reflux devait avoir lieu, il serait progressif et non brutal.
Un avenir suspendu aux décisions politiques
L’évolution de la situation dépendra des choix politiques à venir. Une stabilisation du climat économique et une clarification des mesures fiscales pourraient rassurer les banques et relancer leurs projets de croissance à Paris, évitant ainsi un désengagement massif.
Conclusion
Paris reste un centre financier majeur en Europe, mais l’euphorie post-Brexit semble s’essouffler. Si les incertitudes fiscales et politiques persistent, la dynamique d’expansion des banques américaines pourrait ralentir, mettant à l’épreuve l’attractivité de la capitale sur le long terme.
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